Robert Reynolds est un homme ordinaire souffrant de troubles mentaux sévères qui découvre, un jour, qu'il s'est lui-même effacé de la mémoire de tous, y compris la sienne. En récupérant progressivement ses souvenirs, il comprend qu'il est le Sentry, l'être le plus puissant de l'univers Marvel, et que sa propre psyché a décidé de l'effacer pour contenir la menace de son alter ego le Void.
Créé par Paul Jenkins et Jae Lee dans The Sentry #1 (2000), le Sentry est l'un des concepts les plus originaux de Marvel. Sa puissance, le pouvoir de « un million de soleils », en fait théoriquement l'être le plus fort de l'univers Marvel, capable de rivaliser avec Thor, Hulk et Silver Surfer simultanément. Mais cette puissance est liée à une psyché fragmentée, le Void est son alter ego destructeur, une entité de ténèbres d'une puissance équivalente. Ils sont le ying et le yang d'un même être, et toute tentative de libérer pleinement le Sentry libère également le Void. Il a effacé sa propre existence de la mémoire de l'univers, y compris de Uatu l'Observateur, pour empêcher le Void de se manifester. Sa réintégration dans la continuité Avengers est chaotique. Il sert dans les Dark Avengers de Norman Osborn, dans un état de dépendance psychologique et de manipulation. Sa mort lors de Siege (2010), tué par Thor après que le Void a pris le contrôle total, est l'une des fins les plus mélancoliques. Il a depuis été ressuscité et ses arcs récents explorent sa nature quasi-divine.
Dans The Sentry #1 (2000), Paul Jenkins introduit Sentry comme un héros dont l’existence aurait été intégrée rétroactivement à l’histoire de l’univers Marvel, avant d’être effacée de la mémoire collective de tous les autres héros. Cette construction narrative explore l’idée d’un personnage dont le passé est à la fois réel, reconstruit et oublié, faisant du Sentry une anomalie structurelle dans la continuité Marvel.
Le Sentry est l'une des métaphores les plus puissantes sur la maladie mentale et la puissance incontrôlable, un homme dont la force est inversement proportionnelle à sa capacité à la gérer. Son importance tient à son originalité conceptuelle et à la question qu'il pose : que signifie être le plus fort quand on ne peut pas se faire confiance ? Le thème central qu'il incarne est celui de la puissance sans intégrité psychologique.