Norman Osborn grandit sous la tutelle d'un père instable, homme d'affaires raté dont les sautes d'humeur et les humiliations publiques forgent en Norman une ambition froide et une méfiance absolue envers la faiblesse. Cette enfance dans l'ombre d'un père qu'il méprise autant qu'il craint le conduit à bâtir Oscorp avec une détermination implacable, compensant chaque humiliation subie par une accumulation de pouvoir. Son intelligence est réelle, son talent pour les affaires indéniable mais son rapport à la morale a été fracturé bien avant la formule Goblin.
Green Goblin apparaît dans The Amazing Spider-Man #14 (1964), créé par Stan Lee et Steve Ditko. La formule Goblin qu'Osborn développe et s'injecte lui-même augmente sa force, sa vitesse et son endurance à des niveaux surhumains et accélère sa régénération mais déstabilise également sa psychologie, exacerbant une instabilité déjà présente en un sadisme structuré et une mégalomanie de plus en plus incontrôlable. Son planeur de chasse et ses citrouilles explosives sont ses armes signatures. Sa découverte de l'identité secrète de Spider-Man (Peter Parker) en fait l'antagoniste le plus dangereux de Spider-Man, il ne se contente pas de combattre le héros, il attaque ce qu'il aime. Le meurtre de Gwen Stacy dans Amazing Spider-Man #121–122 (1973) reste l'un des moments les plus traumatisants de toute l'histoire des comics, Osborn la pousse du haut du pont George Washington, et Peter arrive trop tard. Cet acte transforme définitivement leur rivalité en quelque chose de personnel et irréparable. Sa mort apparente dans ce même arc, son retour et son ascension au pouvoir lors de Dark Reign où il dirige le H.A.M.M.E.R. après la Secret Invasion, autant d'arcs qui font de lui l'antagoniste le plus complet de l'univers Spider-Man.
Dans Amazing Spider-Man #122 (1973), après la mort de Gwen Stacy, Spider-Man est à deux doigts de tuer Norman Osborn. Il retient son coup et ce choix, représentant le refus de franchir une ligne morale même dans l'état de rage et de douleur le plus absolu, est peut-être le moment de caractérisation le plus important de Peter Parker dans toute la continuité Spider-Man.
Green Goblin est le grand antagoniste de Spider-Man, non pas simplement le plus puissant, mais le plus personnel. Il incarne tout ce que Peter Parker pourrait devenir si l'ambition et la douleur prenaient le dessus sur la responsabilité. Le thème central qu'il incarne est celui de l'intelligence corrompue par la folie et l'homme qui avait tout pour réussir, détruit par ce qu'il a lui-même créé.