Victor Creed manifeste ses pouvoirs, griffes, sens aiguisés, instincts prédateurs, dans une enfance marquée par la violence et l'emprisonnement domestique. Son père le traite comme un animal dangereux, ce qui façonne une psychologie dans laquelle la domination et la cruauté deviennent des réponses adaptatives. Il échappe à cette captivité et commence une longue carrière de violence qui s'étend sur plus d'un siècle.
Créé par Chris Claremont et John Byrne dans Iron Fist #14 (1977), Sabretooth est défini dès ses premières apparitions comme le miroir noir de Wolverine, un homme avec des capacités similaires (guérison, griffes, sens hyper-développés, longévité) mais sans aucune des contraintes morales que Logan s'impose. Là où Wolverine lutte contre sa bestialité, Victor l'embrasse. Il a été l'un des sujets du programme Weapon X, dans lequel les deux hommes ont subi des expériences similaires et leur antagonisme précède ce programme, remontant à des décennies au début du XXe siècle. Sabretooth torture Wolverine rituellement chaque année le jour de l'anniversaire de ce dernier, une habitude sadique. Il a travaillé comme agent de la CIA, agent du gouvernement américain dans X-Factor, et comme membre de la Brotherhood. Dans l'ère Krakoa, une version « inversée » de Sabretooth tente une rédemption problématique. Son fils Graydon Creed, humain né de l'union entre Victor et Mystique, est devenu un politicien violemment anti-mutants, l'une des ironies les plus cruelles.
Dans Wolverine vol. 2 #10 (1989), Sabretooth révèle qu'il rend visite à Wolverine chaque année à son anniversaire. Plus qu'une simple tentative de meurtre, ce rituel vise à rappeler à Logan qu'il ne pourra jamais protéger durablement ceux qui lui sont chers. Cette révélation transforme Sabretooth d'une brute violente en un prédateur patient qui utilise la peur et la culpabilité comme des armes.
Sabretooth est l'ombre de Wolverine la preuve que les mêmes capacités, sans la volonté de les maîtriser, produisent un monstre. Son importance tient à sa fonction de miroir, il ne cesse jamais de poser à Logan la question de ce qui différencie un héros d'un prédateur. Le thème central qu'il incarne est celui de la bestialité choisie, non pas subie, mais revendiquée.