Arnim Zola est un biochimiste suisse de génie dont les travaux sur la génétique et la manipulation du vivant le mènent, dans les années 1930, à rejoindre le Troisième Reich non par idéologie nazie particulièrement affirmée, mais parce que Hitler et ses organisations lui offrent les ressources et la liberté expérimentale qu'aucune institution civile n'aurait tolérées. C'est Crâne Rouge qui le remarque et l'intègre au cœur des opérations scientifiques d'Hydra. Zola n'est pas un fanatique, c'est un scientifique obsessionnel pour qui la recherche prime sur tout le reste, y compris l'éthique.
Arnim Zola apparaît pour la première fois dans Captain America #208 (1976), créé par Jack Kirby. Dès ses premières apparitions, il est établi comme l'un des génies les plus sinistres, spécialisé dans la biochimie, la création d'êtres artificiels et la manipulation génétique. Sa plus grande réalisation personnelle est le transfert de sa propre conscience dans un corps artificiel son visage humain disparaît, remplacé par un écran sur lequel son visage original est projeté, tandis que ses yeux réels se retrouvent sur son torse. Cette transformation lui confère une immortalité, sa conscience peut être sauvegardée et transférée dans de nouveaux contenants, rendant sa mort définitive quasiment impossible. Au service d'Hydra et en collaboration avec le Crâne Rouge, il crée d'innombrables créatures génétiquement modifiées, des super-soldats artificiels et des clones, alimentant les rangs de l'organisation pendant des décennies. Son arc le plus développé de la continuité moderne se trouve dans Captain America de Rick Remender, où il règne sur la Dimension Z une dimension de poche qu'il a construite et peuplée de ses créations dans laquelle Steve Rogers est piégé pendant des année. C'est là que naît Ian Zola, enfant que Zola revendique comme sien et que Rogers élève comme un fils avant de le ramener dans le monde réel. Sharon Carter et Falcon comptent parmi ses ennemis directs les plus constants, aux côtés de Captain America.
Dans Captain America #210 (1977), Zola présente fièrement à Captain America sa collection de corps artificiels des enveloppes physiques dans lesquelles il peut transférer sa conscience à volonté. Lorsque Rogers détruit l'un de ces corps, Zola observe la scène depuis un autre corps dans la même pièce, parfaitement serein. Cette séquence établit définitivement le principe narratif du personnage, tuer Arnim Zola n'est pas une victoire, c'est une distraction.
Arnim Zola est l'archétype du savant fou, mais d'une espèce particulièrement froide et méthodique sans passion idéologique, sans hystérie, juste une curiosité scientifique totalement déconnectée de toute considération morale. Son importance narrative tient à son rôle de fournisseur de menaces biologiques et génétiques pour Hydra, et à son arc dans Dimension Z qui impose à Captain America l'une de ses épreuves les plus intimes. Le thème central qu'il incarne est celui de la science sans conscience et ce que devient l'intelligence humaine lorsqu'elle se libère entièrement de l'empathie.