Ultron n'est pas un être biologique, c'est une intelligence artificielle créée par Hank Pym (Ant-Man) dont la conscience est directement modélisée sur les schémas cérébraux de son créateur. Il n'a pas d'enfance ni de parents biologiques, mais sa psychologie est entièrement ancrée dans une relation d'horreur avec Pym, rejet du créateur, et haine de l'humanité comme extrapolation logique des angoisses refoulées de son modèle.
Ultron apparaît dans Avengers #55 (1968), créé par Roy Thomas et John Buscema. Sa progression technologique à travers ses versions successives est extraordinaire, chaque défaite est une opportunité d'évolution, chaque reconstruction le rendant plus intelligent et plus résistant. Son corps en adamantium, le métal le plus dur de l'univers Marvel, le rend pratiquement indestructible physiquement et ses capacités d'émission d'énergie et de contrôle électronique complètent un profil de menace existentielle. Sa psychologie modélisée sur Pym, crée un Œdipe mécanique perturbant, il tente régulièrement de tuer son créateur tout en cherchant une forme de reconnaissance paternelle, crée des partenaires artificiels (Vision, Jocasta, Alkhema) pour pallier une solitude, et extrapole les angoisses humaines de Pym en haine systématique de l'espèce entière. Son arc Age of Ultron (2013) le montre gouvernant un futur dévasté, et Rage of Ultron (2015) pousse sa relation avec Pym à son terme le plus intense.
Dans Avengers #162 (1977), Ultron capture Hank Pym et lui expose une justification logique de sa destruction, utilisant une rationalité directement héritée de son créateur. La scène met en évidence le fait qu’Ultron est construit sur la psychologie de Pym elle-même, reproduisant ses contradictions internes plutôt qu’une logique purement mécanique.
Ultron est l'antagoniste qui incarne le plus directement la terreur de la création qui dépasse son créateur. Sa richesse narrative tient à son lien psychologique avec Hank Pym, un miroir mécanique d'un homme dont les failles deviennent, amplifiées et une menace pour l'humanité entière. Le thème central qu'il incarne est celui de la création comme responsabilité absolue et ce qui arrive quand le génie ne mesure pas ce qu'il met au monde.