Gorr naît dans la misère absolue sur une planète mourant de sécheresse, peuple qui prie constamment les dieux pour une aide qui ne vient jamais. Il perd ses parents enfants, sa femme pendant la famine et finit par voir son fils Agar mourir dans ses bras après que Gorr l'ait porté des jours à travers le désert en cherchant de l'eau. Lorsqu'il exprime sa colère à sa communauté affirmant que les dieux n'existent pas ou ne méritent pas la prière, il est banni. La révélation qui suit brise définitivement ce qu'il lui reste, des dieux existent bel et bien, ils savent et ils n'ont simplement pas agi.
Gorr apparaît dans Thor : God of Thunder #2 (2012), créé par Jason Aaron et Esad Ribic. Après avoir découvert la réalité des dieux, lors d'un affrontement entre deux divinités étrangères qui s'écrase sur sa planète, il saisit All-Black le Nécrosword (arme symbiotique créée par Knull, premier tueur de dieux) et commence une croisade millénaire pour exterminer tous les dieux de l'univers. Ses pouvoirs via All-Black lui permettent de tuer des entités divines qui surpassent largement ses capacités mortelles d'origine, la Nécrosword amplifiait sa force, sa résistance et lui permettait de créer des serviteurs d'ombre. Jason Aaron met en scène trois Thors simultanément (jeune Viking, contemporain, vieillard futur) contre Gorr. Gorr n'est pas vaincu par la force mais par la révélation que sa croisade l'a transformé en ce qu'il haïssait, un être de puissance qui fait souffrir les faibles.
Dans Thor: God of Thunder #11 (2013), Gorr le boucher des dieux affronte une version future de Thor, devenu roi d’un monde mourant. Leur confrontation prend la forme d’un échange idéologique autant que d’un combat, où Gorr constate que Thor a lui-même connu des échecs dans sa protection des mortels. Cette rencontre renforce l’ambiguïté morale centrale de l’arc, sans pour autant valider entièrement la thèse de Gorr, mais en montrant la complexité réelle du rôle des dieux dans l’univers.
Gorr est l'un des antagonistes les plus moralement complexes du XXIe siècle, un ennemi dont la cause est compréhensible, dont la souffrance est réelle, et dont les méthodes sont horrifiques. Le thème central qu'il incarne est celui de la juste colère transformée en atrocité, la démonstration que même une douleur légitime peut mener à des actes qui trahissent ceux qu'on voulait venger.