Cletus Kasady grandit dans un environnement d'une violence extrême. Son père bat sa mère à mort, et Cletus, enfant perturbé, tue sa grand-mère en sabotant son fauteuil roulant électrique avant de tenter de tuer sa mère. Placé dans l'orphelinat St. Estes, il y développe ses tendances meurtrières en tuant un gardien et une camarade. Adolescent, il incendie l'orphelinat. Adulte, il accumule onze meurtres confirmés avant son arrestation et son incarcération dans la prison de Ryker's Island où il partage une cellule avec Eddie Brock (Venom).
Apparu pour la première fois dans The Amazing Spider-Man #344 (1991), créé par David Michelinie et Mark Bagley, Carnage naît d'un accident, lorsque le symbiote Venom s'échappe de prison pour retrouver Eddie Brock, il laisse derrière lui un offspring, un enfant-symbiote qui fusionne avec le sang de Cletus Kasady à travers une coupure. Contrairement à Venom, où le symbiote et l'hôte coexistent en tension, Carnage et Kasady fusionnent totalement, le symbiote circule dans son sang, rendant la séparation quasi-impossible sans tuer l'hôte. Cette fusion produit une entité fondamentalement différente plus forte que Venom, plus rapide que Spider-Man, et absolument dénuée de la moindre contrainte morale. Kasady ne cherche pas la domination, la richesse ou la vengeance, il tue pour le plaisir pur, porté par une philosophie radicale selon laquelle le chaos est la seule vérité. Son arc le plus célèbre, Maximum Carnage (1993), le voit constituer une famille de symbiotes et de criminels Shriek, Doppelganger, Demogoblin pour mener une campagne de terreur à New York, nécessitant l'alliance de Spider-Man et Venom pour l'arrêter. Il a été tué, ressuscité, fragmenté, absorbé et régénéré à de nombreuses reprises. Un arc récent, Absolute Carnage (2019), révèle sa connexion au dieu symbiote Knull, faisant de Kasady le héraut d'une divinité cosmique du chaos. Ses ennemis principaux sont Spider-Man et Venom.
Dans Web of Spider-Man #101 (1993), Carnage est temporairement neutralisé par Silver Sable et des mercenaires armés de sons et de feu ses deux faiblesses connues, héritées du symbiote Venom. Ce que peu de lecteurs réalisent, c'est que le symbiote Carnage est génétiquement plus évolué que Venom, et que ces faiblesses classiques sont moins prononcées chez lui que chez son père un détail que les scénaristes ont progressivement intégré pour justifier sa supériorité en combat direct.
Carnage est l'un des rares vilains à ne porter aucun projet, aucune idéologie récupérable, aucune blessure rédemptrice, il est le mal pur, décomplexé et jouissif dans sa représentation. Son importance tient à sa fonction de miroir radical là où Venom incarne la dualité, Carnage incarne l'absence totale d'ambivalence. Le thème central qu'il incarne est celui du chaos et la conviction que la destruction est sa propre fin.